26 septembre : Journée mondiale de la contraception
Les dernières données statistiques énoncées par Santé Publique France concernant la contraception féminine datent de 2016. Il apparaît que 33,2% des femmes prennent quotidiennement une pilule contraceptive. L’autre méthode la plus usitée (25,6%) par les françaises est le DIU (dispositif intra utérin) ou stérilet. Sur les autres méthodes de contraception actuellement sur le marché à destination des femmes, la seule proposant une implication partagée par les deux parties du couple est l’utilisation du préservatif seul, qui représente 15,5% des pratiques. La gestion des grossesses et plus largement la charge d’une sexualité sans risque incombe donc majoritairement aux femmes.
L’accès à une contraception choisie se heurte à de nombreux obstacles : les personnes les plus précaires peuvent renoncer en raison des coûts des moyens contraceptifs, d’autres, résidant dans des déserts médicaux, auront du mal à accéder à une information complète et éclairée, permettant de choisir le moyen contraceptif le plus approprié à leur situation personnelle. Les associations et les institutions développent des initiatives pour dépasser ces obstacles.
Depuis le mois de décembre 2018, certaines marques de préservatifs, sur ordonnance médicale, sont remboursées partiellement par la sécurité sociale. Depuis le 1er janvier 2022, l'Assurance maladie prend en charge à 100 % et sans avance de frais, le coût de la contraception et les actes qui y sont liés (une consultation par an avec un médecin ou une sage-femme et les examens biologiques potentiels). En pratique, jusqu’à 25 ans, les femmes peuvent accéder gratuitement aux consultations de médecin ou de sage-femme, examens ou actes médicaux en lien avec la contraception ainsi qu'aux différents types de contraception sur prescription en pharmacie sans avancer de frais (pilules hormonales de 1ère ou de 2e génération, implant contraceptif hormonal, DIU, contraception d'urgence hormonale).
Accédant aux revendications des associations féministes, le gouvernement a annoncé que l’accès à la pilule contraceptive d’urgence pour toutes serait, à partir de 2023, gratuit, accessible en pharmacie sans ordonnance et sans limite d’âge.
Concernant le dépistage des IST, seul celui du VIH, responsable du sida, était jusqu’ici gratuit. Désormais la possibilité de dépistage sera étendue à toutes les infections sexuellement transmissibles pour lutter le plus précocement possible contre la reprise des infections. Il sera gratuit et sans ordonnance pour toutes et tous jusqu’à 26 ans. Ces deux mesures seront inscrites dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023, qui sera présenté en conseil des ministres le 26 septembre.
La sexualité et l’éducation à la prévention est l’affaire de tous et toutes. Il est pourtant encore d’usage en France de prévenir davantage les filles, dès le plus jeune âge, des risques de grossesse, sans inclure les garçons dans le processus. Le gouvernement a annoncé qu’il saisirait la Haute Autorité de santé pour disposer rapidement de recommandations des autorités scientifiques sur la contraception masculine. Il existe en effet actuellement une demande de la part des hommes d’une contraception qui leur soit accessible. Les motivations ne manquent pas : volonté de partager la responsabilité contraceptive dans le couple, préservation de la santé des femmes (effets indésirables, ou contre-indications médicales de contraception féminine), choix de l’homme de maîtriser sa fertilité.

