La Ville et la Métropole de Montpellier adoptent à l'unanimité une trajectoire de souveraineté numérique
Dans un contexte d'incertitudes géopolitiques et de dépendance technologique face notamment aux acteurs de la Silicon Valley, la Ville et la Métropole de Montpellier franchissent une nouvelle étape vers la souveraineté numérique en adoptant à l'unanimité lors du conseil de Métropole de ce jour, une trajectoire visant à disposer de solutions numériques souveraines, interopérables, réplicables et européennes.
Ce vote s'inscrit dans une démarche proactive menée depuis plusieurs années, visant à renforcer leur autonomie et leur maîtrise des outils numériques, conformément aux enjeux de souveraineté territoriale et de résilience des services publics. Cette trajectoire s’inscrit dans le prolongement de la démarche « TIE BREAK » (Trajectoire d’Indépendance Numérique Européenne), qui vise à réduire les dépendances technologiques vis-à-vis des acteurs extra-européens et à reprendre le contrôle de notre avenir numérique. Montpellier a participé activement au lancement de « TIE BREAK » aux côtés des grandes métropoles françaises et du réseau des Interconnectés, et souhaite aujourd’hui en tirer les conséquences opérationnelles à l’échelle du territoire.
La Métropole a initié, avec le réseau des Interconnectés, un outil de diagnostic des services numériques et a ainsi partagé avec les autres métropoles un indice de souveraineté. Celui-ci va permettre de définir des stratégies de sortie des différents systèmes extra-européens.
"La souveraineté numérique n'est pas l'indépendance de Montpellier, c'est la capacité de Montpellier à choisir ses dépendances et à les organiser au sein d'alliances publiques françaises et européennes." a indiqué Manu Reynaud, Adjoint au Maire et Délégué du président de la Métropole à la souveraineté numérique, lors de la séance du Conseil de métropole.
Une souveraineté bénéfique aux usagers et au service public
Depuis plusieurs décennies, les organisations, publiques et privées, recourent à du matériel, des serveurs et des infrastructures, des services et des logiciels extra-européens pour opérer leurs services numériques, héberger et traiter leurs données, sans réellement mesurer les risques que ce choix représente. À cette dépendance technologique, s'ajoutent des enjeux économiques puisque la situation dominante, voire monopolistique, de certains acteurs leur permet de dicter les conditions du marché : hausse de prix importante, arrêt de certaines versions, obligation d’intégration de nouvelles fonctionnalités sans consentement, sont autant de pratiques qui contraignent fortement les collectivités, obligées de s’aligner pour maintenir des services numériques socles.
Les initiatives déjà engagées par la Collectivité depuis plusieurs années pour répondre aux risques et aux enjeux que porte désormais le monde numérique – telles que le développement interne d’applications, l’utilisation de solutions open source, le système LoRa de la Métropole connectée, le portail OPEN DATA ou encore la mise en place d’un cadre de référence pour l’urbanisation du système d’information – démontrent une volonté forte de concilier innovation, souveraineté et impact environnemental.
Pour la bureautique, la Métropole fait le choix d’une nouvelle suite collaborative : l’ensemble des agents disposeront d’outils alternatifs à Microsoft 365 pour remplacer Word, Excel et Teams. Les services du numérique travailleront à l’accompagnement de l’ensemble des agents de la collectivité dans le cadre de ce changement.
Le 1er Opérateur public de la souveraineté numérique
Montpellier Méditerranée Métropole et la Ville de Montpellier actent leur volonté commune d’engager une réflexion pour la création du premier Opérateur Public de Souveraineté Numérique, visant à développer et mutualiser des capacités publiques autour des cinq grands domaines d’intervention :
- La relation usagers, la dématérialisation et les services publics numériques ;
- Les données et l’intelligence artificielle souveraine ;
- La cybersécurité, la résilience et la continuité du service public ;
- Les infrastructures numériques
- Les logiciels, les communs numériques et l'interopérabilité.
Cet outil pourra être la base d’une coopération territoriale avec l’ensemble des intercommunalités qui souhaiteront participer, en y associant les opérateurs publics comme la TAM, Altemed et ACM, la Régie des eaux, l'Office du tourisme, Montpellier Events, les Services funéraires, le Marché gare...
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